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COMMUNE D'ARROS de NAY 64800
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LA BARONNIE d’ARROS
Elle couvrait 3556 arpents (un peu plus de 1347 ha), soit plus de 4 fois la superficie de la baronnie de MIREPEIX (327 ha), ce qui était relativement important.
Son territoire était composé de deux parties distinctes : l’une plate, au Nord-Est, caractéristique de la plaine de Nay, l’autre, vallonnée avec des coteaux boisés, au Sud et Sud-Ouest. Il comptait 4 moulins en 1675 (dont 2 hors de la baronnie : à Bourdettes et à Nay, qui appartenaient cependant au Baron), et 3 métairies (La Boyrie du château, la Vigne et Pédemélou).
La plus importante modification du village a été le déplacement de l’église et du cimetière, vers le milieu du XIXème siècle, comme dans beaucoup de villages de la plaine de Nay ; en effet, ceux-ci se trouvaient dans les dépendances du château. Il ne reste rien de la vieille église et de son cimetière, lieu de la sépulture des barons d’Arros et de leur famille. On peut seulement trouver une tombe avec une plaque aux armoiries de la famille d’Espalungue dans le nouveau cimetière.
Au XVIème siècle, la baronnie dépendait administrativement de la Sénéchaussée de Pau et religieusement du Diocèse de Lescar.
Si en 1385, la baronnie comptait 44 « foyers » (ce qui était important pour l’époque), elle n’en comptait que 44 (soit 200 à 250 habitants) en 1544.
Le Baron avait « droit d’entrée et voix délibérative » aux Etats du Béarn. Il disposait du droit de justice sur ses terres, en tant que « Seigneur moyen et bas justicier » ; ceci par l’intermédiaire du baïle (agent d’exécution de la cour seigneuriale) et des jurats (en général 4, détenteurs de la « réalité du pouvoir seigneurial »), nommés par le Baron , et qui oeuvraient à la fois au service du baron et de la communauté d’Arros.
Le Baron avait en sus tous les droits classiques en Béarn (plaintes, commandements, arrêts, saisie de biens, corvées, préemption sur toutes les ventes, taxes sur les ventes, le pacage et le fumage des terres, droits de chasse et de pêche, …).
Il avait aussi des devoirs envers le Roi de France : « foi et hommage », et aide en cas de guerre.
Comme toute Baronnie du Béarn, celle d’Arros possédait une « réserve » (domaine réservé du Baron) : celle-ci était relativement importante : 33 ha entièrement clôturés « d’orient, d’occident, du midy et de septentrion, partie de muraille et partie de grands fossés » (d’après le dénombrement des biens d’Henry II d’Espalungue). Elle comportait, outre la demeure seigneuriale (avec cuisines, chai et un puit en sous-sol), un bosquet d’agrément avec une petite orangerie, un canal de dérivation du Luz, un pigeonnier (dit « à pied », rond, de grande dimension), une grande grange (abritant le bétail) et diverses constructions (écuries, chais, réserve à bois, boulangerie); les terres étant en prés, vergers, vignoble et terres labourables: de quoi vivre quasiment en autonomie.
C’est dans cette réserve que se trouvait, et se trouve toujours, la « fontaine aux fées » (Houn de las Hades), au pied d’un chêne ; source coulant dans une vasque en pierre, circulaire, dont le rebord est décoré et orné de têtes de génies.
Outre les trois métairies dont il est fait état ci-dessus (dont chacune « conciste en une maison, grange, jardin, verger, bois, prés et terre labourable », d’après Henry II d’Espalungue en 1685), le Baron était propriétaire des carrières de pierres : la plus importante, située au Sud-Est du château, s’ouvrait à flanc de coteau, en un lieu appelé « Moun de Rey » (Mont du Roi). La pierre d’Arros, de couleur blanche et de bonne qualité, jouissait d’une grande réputation et servit au XVIIème à l’édification de la demeure seigneuriale, et au XIXème à celle de la plupart des belles fermes béarnaises de la plaine de Nay, à la fabrication des meules de moulin mais aussi aux édifices publics de Pau : Palais de Justice et église Saint-Martin. A coté de cette exploitation de la pierre s’était développé la fabrication de charbon de bois, et la calcination des débris issus de la taille des pierres pour en faire de la chaux (un de ces fours à chaux subsiste au Moun de Rey : haute tour carrée avec à sa base un foyer comportant une clef de voute).